Aménagement des places centrales

Aménagement des places centrales



Présentation du projet d'aménagement des places centrales de Mirepoix

Ce 17 juin a eu lieu la présentation par M.Barthélémy Dumons de l'agence Architectes et Paysages de Lavelanet, des conclusions de l'étude faisabilité qui lui avait été confiée.

Un aréopage conséquent (préfet, sous-préfète, DRAC, SDIS, ONF, (1)) souligne l'importance que les pouvoirs publics accordent à ce projet.

M.Simon Bertoux, préfet de l'Ariège, explique clairement la genèse de celui-ci par le traumatisme créé par l'incendie de Notre-Dame de Paris en 2019 qui l'a conduit lors de sa prise de fonction dans notre département à lancer un inventaire des moyens disponibles de lutte contre les incendies et de leur capacité de déploiement.

Il apparaît que l'encombrement actuel, permanent ou non, des places est incompatible avec les manœuvres nécessaires au déploiement de la « grande échelle » des pompiers. Il s'agit en l'occurrence des obstacles que créent les arbres, les véhicules garés, les manèges et attractions foraines, les stands installés les jours de marché et de manifestations culturelles ou commerciales.

L'agence Architectes et Paysages avait donc pour mission de proposer un schéma d'aménagement qui réponde aux attentes et contraintes de tous les utilisateurs de ces places en respectant le cahier des charges du SDIS.

Celui-ci préconise de dégager l'accès à cinq points d'intervention autour de la cathédrale (2 au nord, 2 au sud et un à l'est) et de laisser libre une bande de 4m de largeur devant le grand couvert et une autre en parallèle devant la mairie (2).

Ce qui suppose la destruction des 18 arbres de la place Leclerc en laissant la possibilité d'en planter huit en quinconce dans la zone centrale de la place.

Le devenir des marronniers et platanes de la place de Lévis est incertain puisque leur abattage n'a pas été explicitement mentionné malgré la présence de croix rouges sur certains d'entre eux sur les diapositives projetées sur un écran trop lointain pour en distinguer les détails.

L'intervention du lieutenant du SDIS insiste sur l'encombrement de la grande échelle qui par son rayon de braquage et son angle de déploiement doit permettre d'aller au-delà des façades des couverts éteindre d'éventuels foyers surgissant du fond des parcelles étroites de nos moulons.

L'intervention du technicien de l'ONF dresse un bilan notoirement négatif de l'état des prunus et robiniers de la place Leclerc (troncs creux, champignons, feuillage malingre) dont un seul serait sain. Tous seraient « sans avenir ».

Des vues d'artiste séduisantes nous présentent une place Leclerc ombragée par des arbres à haute tige dont le houppier s'étalerait sur la presque totalité de la largeur de la place et permettrait le déploiement de la grande échelle en dessous.

Le pourtour de la cathédrale (là où les marquages géants d'interdiction de stationner ne sont pas visibles du fait des véhicules garés dessus) serait végétalisé par des arbustes de basse tige.

L'interdiction du stationnement et du trafic routier permettra la mise au même niveau des places en supprimant les trottoirs et en décaissant les chaussées surélevées. Le sol de la halle serait aussi descendu au niveau de celui des places et les parterres herbeux supprimés pour redonner de la surface utile aux exposants.

Une fois retiré le macadam qui imperméabilise le sol, un revêtement en dalles de pierre devrait permettre un drainage naturel des eaux pluviales par infiltration entre les dalles si l'étude du sous-sol le confirme.

Ce chantier d'un coût de 2 à 3 M€ dont le préfet assure obtenir une subvention des deux tiers serait lancé fin 2026 et étalé sur une période de quatre années.

Le projet devra être finalisé au début de l'automne 2025.

(1) DRAC : Direction régionale des affaires culturelles, à laquelle appartiennent

- l'ABF Architecte des bâtiments de France et

-l'UDAP Unité départementale de l'architecture et du patrimoine

SDIS : Service départemental d'incendie et de secours

ONF : Office national des forêts

(2) Le fichier de la présentation powerpoint n'étant malheureusement pas rendu public, ces informations reproduites de mémoire sont à prendre avec réserve.


Réactions du public

Elles touchent à la fois la forme et le fond :

  • La présentation faite laisse peu de place aux échanges pour « élaborer » un projet commun qui parait déjà ficelé

  • Aucune alternative au déploiement de la grande échelle n'est proposée, alors que sa mise en œuvre (depuis Foix ?) parait théorique et serait tardive après le constat de l'insuffisance des moyens locaux et avoisinants.

  • Plutôt que d'adapter les places aux moyens du SDIS, adaptons les moyens aux contraintes locales comme à Aix ou Carcassonne etc.

  • il serait pertinent de pouvoir consulter l'extrait du SDACR (Schéma Départemental d'Analyse et de Couverture des Risques) relatif à la commune de Mirepoix, afin d'évaluer si les nouvelles demandes et aménagements proposés apportent une réelle plus-value au regard des besoins identifiés.

  • Le moteur de Mirepoix, c'est le commerce, la restauration, les manifestations festives et culturelles qui les alimentent. Le mode de transport en voiture n'étant pas encore révolu, supprimer le parking de la cathédrale sera générateur de baisse de fréquentation et donc de revenus.

  • La suppression du parking de la cathédrale ne peut être envisagée sans la création d'une aire de stationnement accessible à pied du centre-ville.

  • Il suffit de voir le stationnement sauvage le lundi matin, jour de marché, qui fait courir des risques aux piétons privés de trottoirs.

  • La création d'une zone piétonne au centre c'est bien, mais il faut aussi poursuivre la réhabilitation des maisons des couverts dont de nombreuses couvertures sont bâchées. Une maison à pans de bois doit être bien bottée et bien chapeautée (dicton de charpentier)

  • Oui au même plan pour les places, mais non aux galets qui sont des obstacles pour les fauteuils roulants, poussettes et autres déambulateurs, ou alors les araser.

  • A l'heure du réchauffement climatique ce n'est pas le moment de couper les arbres, mais d'en planter. Quant aux simulations graphiques de la future place arborée, sauf à planter des arbres adultes de plus de 15m, seuls nos petits-enfants en verront l'ombrage.

Réponses des autorités

En substance, préfecture et mairie se défendent d'être dogmatiques mais se doivent de respecter les règles et de faire avec les moyens que leurs finances permettent.

La contrainte de la « grande échelle » est à l'heure actuelle impérative mais, si une autre proposition satisfait le SDIS, elle sera la bienvenue.

La création de places de parking depuis le début de la mandature avoisine le nombre de places qui seront supprimées autour de la cathédrale (une soixantaine) et le déplacement des camping-cars de l'ancienne gare vers le lycée permettra de stationner à une distance raisonnable du centre-ville.

La mairie est ouverte au dialogue et a innové depuis 2020 en organisant des réunions d'information de la population sur la circulation, les ordures ménagères, l'eau potable.

Cependant pour ne pas laisser penser que le projet est abouti, les édiles ne souhaitent pas publier le support de présentation de la réunion, qui n'est qu'une esquisse et souhaitent cheminer pas à pas avec les Mirapisciens sur des thématiques bien précises comme :

-Une consultation sur les essences d'arbres à planter en fonction d'une liste pré-validée par l'ONF et le SDIS

-La remise à niveau de l'ensemble pour l'accessibilité et le gain d'espaces : avis, suggestions

-Le stationnement : actuel, futur, propositions

-L'impact de la grande échelle en réalité : plans actuels et gains à venir

Avis de l'APAC

Les avis et propositions, parfois incompatibles, ci-dessous, ne constituent pas LA position de l'association mais reflètent la diversité des contributions de ceux, membres de l'APAC ou non, qui se sont exprimés après la présentation du projet.

Ce projet doit s'inscrire dans une vision globale d'aménagement de la ville et de la cité médiévale.

L'ensemble couverts-places-cathédrale-palais épiscopal constitue l'essentiel de la motivation touristique et l'attractivité supplémentaire est son tissu commercial composé de petits commerces, bars et restaurants qui donnent une dimension d'authenticité à préserver pour fixer les visiteurs et assurer des retombées économiques pour la ville.

L'activité commerciale et hôtelière des places conditionne le maintien de la valeur foncière des bâtiments et des entreprises qui y sont implantées.

La perspective de la suppression du stationnement voire de l'accès en voiture à proximité du centre inquiète vivement résidents et commerçants.

Le renforcement de l'attractivité du centre-ville doit être un moteur du projet.

Le cheminement « pas à pas » proposé par la mairie est une main tendue qu'il est important de saisir.

Concrètement cela peut prendre la forme d'un espace dédié aux échanges et propositions sur une plateforme à identifier (site web, réseaux sociaux?),

de la création d'un groupe de travail impliquant commerçants, usagers et résidents représentés par leurs associations,

de nouvelles réunions publiques postérieures à la diffusion d'un support de réflexion sur les thématiques qui y seront abordées

Sans doute, le calendrier électoral en fera un sujet de la prochaine municipale .

L'APAC observe que :

Sans données chiffrées (rayon de braquage, angle de déploiement, portée, encombrement), il lui est impossible de simuler le déploiement de la fameuse « grande échelle ». Laquelle selon aparté avec le lieutenant des pompiers n'est justifiée que par sa double fonction de lutte contre l'incendie et de sauvetage, puisque les couverts sont habités.

Ainsi concernant la cathédrale peut-on imaginer qu'un bras télescopique suffirait.

Bras présent dans le parc de matériels du SDIS.

Compte tenu des montants conséquents à investir dans de nouveaux matériels (la grande échelle a couté 3M€), il n'est pas raisonnable de s'en remettre à cette seule alternative.

Le projet ne traite que de la lutte contre l'incendie et pas de la prévention qui mériterait une ample réflexion.

Et propose :

Qu'un inventaire des matériels susceptibles d'intervenir (de Mirepoix, Laroque, Pamiers ?) avec leur capacités, contraintes d'encombrement et délais d'intervention serait utile pour convaincre du bien-fondé ou non du recours à la « grande échelle ».

Voir de déclencher les secours « pour exercice » en simulant l'incendie de la Maison des Consuls et en en tirant tous enseignements utiles.

Que les suggestions entendues de doter chaque immeuble de sprinkler dans les combles ou de colonnes sèches trouvent une réponse motivée, attendu qu'il ne faut pas créer de nouveau risque (inondation) pour en éviter un moins probable.

L'APAC observe que :

La suppression du parking de la cathédrale inscrit le projet d'aménagement des places dans une vaste remise en cause de la place de la voiture dans notre cité et ce de manière indissociable.

Et propose :

De dresser l'inventaire des surfaces publiques et privées à proximité du centre-ville susceptibles d'accueillir de façon permanente ou temporaire les véhicules qui transportent ceux qui font vivre notre cité. La fréquentation appréciable actuelle n'est pas éternelle et la réduction à peau de chagrin des exposants lors des brocantes de Toussaint et Pentecôte interroge.

De densifier le stationnement par un recours au stationnement en épi plutôt qu'en ligne là où la largeur de la chaussée le permet (cours Chabaud, Rumat, rue G.Fauré ?)

De rendre accessible aux poussettes, déambulateurs, fauteuils roulants le trottoir qu'il faudra élargir pour aller de la poste au cours Petitpied en supprimant le stationnement de ce coté du cours Pons-Tende pour l'établir entièrement en épi de l'autre côté, fusse au prix d'une réduction de capacité sur cet axe.

Si le terrain jouxtant la gendarmerie était aménageable en parking, envisager une passerelle (qui pourrait être un ouvrage d'art, symbole de modernité entre ancienne et nouvelle ville) reliant la rue Pierre Poisson à celle du 11 novembre au-dessus de la voie de contournement du bourg qui isole celui-ci du cimetière et du quartier de la croix de BEON.

Par ailleurs, les travaux actuellement en cours sur la façade de la cathédrale ont permis un réaménagement fonctionnel en parallèle des places de stationnement le long du cours Chabaud.

Cette initiative heureuse pourrait être conservée, voire prolongée devant le petit couvert.

L'APAC observe que :

L'aménagement de la voie verte et son extension à l'ouest draine un nouveau tourisme décarboné à encourager.

Et propose :

D'installer à proximité de la salle Paul Dardier des cages à cycles avec points de recharge électrique pour inviter les cyclotouristes à s'attarder chez nous et limiter le stationnement sauvage des bicyclettes en centre-ville.

L'APAC observe que :

Le constat alarmiste de l'ONF concernant les arbres de la place Leclerc ne demande cependant pas leur abattage immédiat et admet que leur remplacement pourra être progressif. Il est essentiel de maintenir un ombrage conséquent sur cette place et d'en créer sur celle de Lévis en ne lésinant pas sur le budget à y consacrer pour investir dans des sujets déjà adultes comme le font les villes mieux dotées financièrement.

Et propose :

D'étendre la campagne de repeuplement arboré aux places et avenues qui en sont cruellement dépourvues (ex: ancienne trésorerie, Rumat)

L'APAC observe que :

Le projet d'aménagement ne remet en cause aucune activité actuellement pratiquée sur les places, hormis le stationnement. Cependant le gigantisme croissant des manèges des fêtes foraines est un facteur dimensionnant prépondérant de la surface utile à y consacrer. Nombreux sont ceux qui doutent de la pertinence de maintenir cette activité qui ne met pas en valeur le centre historique et par les nuisances sonores induites fait fuir nombre de résidents ces jours-là.

Et propose :

De libérer la place de Lévis des manèges forains qui pourraient s'installer uniquement sur les voies

La dé-imperméabilisation, la végétalisation autour de la cathédrale, le pavage des places et leur mise à niveau sont bien reçus.de circulation des cours Chabaud et du 8 mai, à défaut d'une relocalisation en périphérie. Ainsi l'aménagement de la place de Lévis pourrait-il être pensé dans le sens d'un accroissement des massifs arborés.

L'APAC observe que :

Compte tenu des déclivités existantes, la mise à niveau veut dire que les places seront sur le même plan mais pas uniformément horizontal pour tenir compte des écarts d'altitude des seuils des bâtiments.

La circulation des fauteuils roulants est un facteur structurant du projet.

Seul bémol, la halle dont le sol horizontal, aujourd'hui surplombe d'une marche la chaussée côté cathédrale et de deux côté place Leclerc. Les travaux coûteux d'arasement en valent-ils la peine ?

Certes la rampe d'accès métallique actuelle est disgracieuse et les commerçants apprécieraient la mise à niveau qui faciliterait le roulement de leurs étals, mais le caractère de scène de ce sol surélevé convient parfaitement aux spectacles et activités musicales.

Et propose :

de garder le sol de la halle tel qu'il est en uniformisant le niveau de la place en ne laissant qu'une marche tout autour si le coté place Leclerc fait référence ou deux si c'est le côté cathédrale et de n'envisager l'arasement du sol de la halle qu'en phase ultime du projet après constat de sa nécessité.



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